Le syndicat CGT Educ’Action du Var, basé à Toulon en France, a publié une déclaration de soutien concernant les développements au Rojava et les arrestations visant des militant·es progressistes en Turquie. Le syndicat affirme que la population du Kurdistan occidental (Rojava) est confrontée à une menace grave, attirant particulièrement l’attention sur le siège de Kobanê.
Dans le communiqué, il est rappelé que la ville de Kobanê, devenue en 2015 un symbole de la résistance contre l’État islamique, est assiégée depuis plusieurs semaines par des milices liées au gouvernement de Damas.
Depuis janvier, des centaines de milliers de personnes seraient privées d’électricité, d’eau et de nourriture, tandis que plus de 270 000 personnes auraient été déplacées.
Le syndicat souligne que le projet politique au Rojava repose sur l’auto-organisation, l’égalité entre les femmes et les hommes et un modèle social plus juste. Il affirme que cette structure est aujourd’hui menacée par le gouvernement syrien et ses milices. La position des États occidentaux dans ce contexte est également critiquée.
La CGT Educ’Action du Var exige la levée immédiate du siège de Kobanê et la cessation des opérations militaires contre le Rojava. Le communiqué évoque également la situation en Turquie, appelant à la fin des pressions exercées contre les milieux progressistes, notamment dans les zones frontalières et dans l’ensemble du pays. Une attention particulière est portée aux pratiques visant les membres du syndicat DİSK Limter-İş.
Le syndicat condamne les arrestations de journalistes, de syndicalistes et d’activistes de la société civile ayant exprimé leur solidarité avec le Rojava ces dernières semaines, et demande leur libération sans condition.
Enfin, la CGT Educ’Action du Var appelle l’Union européenne à suspendre l’aide de 620 millions d’euros accordée à l’État syrien tant que les revendications exprimées ne seront pas satisfaites.
La déclaration a été rendue publique à Toulon le 11 février 2026.
Texte intégral de la déclaration :
Motion de soutien aux habitants du Rojava, aux membres du syndicat DİSK Limter-İş et aux militant·es progressistes arrêtés en Turquie
La CGT Educ’Action du Var exprime son soutien à la population du Kurdistan occidental (Rojava), confrontée à un danger immédiat en raison des attaques violentes et des massacres perpétrés par les forces soutenues par le gouvernement syrien et l’État turc.
La ville de Kobanê, symbole de la résistance contre l’État islamique en 2015, est assiégée depuis plusieurs semaines par des milices liées au gouvernement de Damas. Depuis janvier, des centaines de milliers de personnes sont privées d’électricité, d’eau et de nourriture, et plus de 270 000 personnes ont été déplacées.
La Révolution du Rojava, porteuse d’un projet émancipateur fondé sur l’auto-organisation, l’égalité femmes-hommes et l’opposition à l’impérialisme et à la guerre, est aujourd’hui menacée par le gouvernement syrien et ses milices fascistes et islamistes, dans une indifférence générale, voire avec la complicité passive des puissances occidentales.
En tant que syndicalistes et au nom des valeurs humanistes que nous partageons, nous réaffirmons notre soutien à cette révolution qui paie aujourd’hui le prix du sang pour défendre une société plus juste et plus égalitaire.
Nous exigeons la fin immédiate du siège de Kobanê et l’arrêt des opérations militaires syriennes contre le Rojava.
Nous demandons également à l’État turc de mettre fin à la vague de répression menée sur son territoire, que ce soit à la frontière avec le Rojava pour empêcher les populations kurdes de la franchir afin de défendre Kobanê, ou dans le Bakur et dans l’ensemble du pays contre les forces progressistes, notamment les membres du syndicat DİSK Limter-İş (Syndicat des travailleurs de la construction navale, du transport maritime et de la logistique).
Nous condamnons les arrestations effectuées par l’État turc et demandons la libération sans condition des journalistes et des militant·es des organisations syndicales, culturelles, de jeunesse et de femmes mobilisé·es ces dernières semaines pour défendre la Révolution du Rojava.
Enfin, nous demandons à l’Union européenne de suspendre l’aide de 620 millions d’euros accordée à l’État syrien tant que l’ensemble de ces revendications ne seront pas satisfaites.
Toulon, le 11 février 2026.












